MIRANDA - LE TRÔNE DE SANG (LIVRE 6) PROLOGUE - Plume et Conscience
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MIRANDA – LE TRÔNE DE SANG (LIVRE 6) PROLOGUE

PROLOGUE

10 ans s’étaient écoulés depuis la tragédie. Pour un humain, c’est une éternité, mais pour un elfe c’est une nouvelle saison qui voyait le jour. Tous étaient là, il ne manquait personne. La cérémonie initiatique avait commencé déjà depuis 3 heures. Certains des plus jeunes tentaient de cacher en vain leur anxiété, tandis que les plus vieux, les sages, étaient d’un calme à faire pâlir un moine.

Soudain, un bruissement se fit entendre en direction de l’ouverture à l’orée de la forêt. Ils regardaient attentivement espérant y voir quelques choses à travers l’épaisse végétation. Un énorme rugissement fit sursauter l’assistance. Un cri se fit entendre, les branches des arbres semblaient avoir pris vie. On pouvait entendre une bagarre sans merci. Les murmures dans la foule étaient de plus en plus inquiets. On entendit un autre cri suivi d’un autre rugissement qui se termina en un cri d’agonie à donner la chair de poule. Puis plus rien. Plus un son… les murmures se transformèrent en un silence de mort. Après une vingtaine de secondes qui parurent des heures, un craquement se fit entendre. Tous dirigèrent leur regard vers la seule sortie possible de la forêt juste à temps pour y voir rouler une énorme tête de tigre à dent de sabre. Ses yeux étaient encore ouverts et du sang s’y écoulait encore. Un instant plus tard, une boule aux couleurs de la forêt roula hors de l’ouverture pour s’immobiliser à quelques pas de la tête du tigre. On reconnaissait un humanoïde. Il se redressa avec assurance.

Personne ne pouvait voir son visage ni son corps qui étaient recouverts d’une cape de camouflage. Les jeunes, immobiles, silencieux, avaient le souffle coupé. Sa main droite couverte de sang sortit de sous la cape d’un geste vif pour planter dans le sol une dague en or serti de saphir. Puis, avec la même main, il retira le capuchon de sa cape pour révéler à la foule une crinière de cheveux noirs, crinière très réputer pour une mèche de cheveux argentés qui se mit aussitôt à refléter au soleil et mettre à jour un visage qui, malgré la saleté, était d’une beauté magnifique. Elle jeta un regard sur toute l’assistance qui la regardait et semblait attendre quelque chose. D’un geste vif, elle fit tournoyer sa cape dans les airs et tendit sa main gauche haute dans le ciel d’où l’on pouvait découvrir une croix en or au centre duquel un énorme diamant de la taille d’un poing scintillait à la lumière du soleil. À ce moment les murmures de la foule se transformèrent en acclamations. Tous se mirent à l’applaudir et l’acclamer. Elle avait réussi. Elle n’avait maintenant plus aucun doute.

*
* *

La jeune femme prenait un bain de lait de chèvre dans une somptueuse pièce qui semblait sculpté dans le bois. Des chandelles tout autour de la pièce produisaient des lueurs relaxantes. Une jeune femme elfe pansait une blessure sur le bras de la jeune femme.
– Vous croyez que ça guérira rapidement ?
– Habituellement, les plaies des elfes se régénèrent assez bien, mais je dois avouer que je n’ai jamais eu de patientes avec du sang humain. Sans vouloir vous offenser.
– Il m’en faut plus que ça pour m’offenser.
La jeune femme elfe devint écarlate de gêne. Au même moment, une garde fit irruption dans la pièce.
– Votre Altesse, maître Profeios, vous demande audience.
– Faites-le patienter quelques instants, j’arrive.

Elle sortit de son bain et enfila une robe de soie et de satin couleur de soleil. Au moment où elle sortit de la pièce, une énorme masse de poils gris argent de la taille d’un jeune cheval se dressa près d’elle.
– Non Silverwind, tu ne peux pas venir avec moi. Je reviens dans quelques instants.
Le loup baissa les oreilles en signe de tristesse.
– Tu peux sortir courir dans les bois si tu veux. Un peu d’exercice te fera du bien.
L’animal quêta une caresse avant de partir doucement vers la sorti et s’éloigna dans les bois. Miranda sortit à son tour et rejoignit un personnage mince et grand qui paraissait très jeune malgré ses 475 ans.
– Parfois, on jurerait que cet animal comprend notre langue.
– Vous en doutez Profeios? dit-elle en lui dirigeant un clin d’œil complice.
Ils marchèrent quelques instants en silence sur les ponts suspendus, puis l’homme des bois brisa le silence.
– Très belle performance cet après-midi.
– Merci.
– Mais je crois que la tête de tigre, c’était un peu, disons, extravagant.
– C’était seulement pour impressionner les jeunes.
– Je m’en doutais, mais Vouxan’or ne semblait pas du tout apprécier la plaisanterie.
– Mais vous savez bien que c’est un vieux râpeux, je me demande même comment il a fait pour faire partie du conseil.
– Râpeux ou pas, ce n’est pas l’attitude d’une reine de se comporter de cette façon et le conseil est là pour y veiller.
– Est-ce que c’est le conseil qui vous envoie me faire la morale?
– Pas Mielikky, je crois que vous me connaissez mieux que ça.
– Désolé Profeios. Durant les 10 dernières années, vous m’avez appris tout ce que je devais savoir sur le pistage et la survie dans presque tous les environnements possibles. Vous m’avez montré à lire et écrire 3 langues. J’ai appris à me battre à mains nues et à la dague. Vous avez perfectionné mon tir à l’arc. Vous m’avez enseigné comment utiliser mon don, l’histoire du pays et des elfes et toute l’étiquette qui s’y rattache. Vous m’avez finalement préparé à l’épreuve initiatique. Je vous dois beaucoup.
– Vous n’avez pas à me remercier. Je serais gratifié lorsque ce que je vous ai appris vous sauvera la vie.
Ils continuèrent à marcher en silence. Profeios brisa le silence à nouveau.
– Si je ne vous connaissais pas autant, je ne l’aurais pas remarqué, mais moi je lis en vous comme un livre ouvert. Qu’est-ce qui vous rend si triste?
– Je… vous… c’est… on ne peux rien vous cacher.
– Mais encore?
– Il y a plus de 3 lunes que je n’ai pas eu de nouvelles d’Axel et des autres.
– Est-ce que vous avez ressenti quelque chose?
– Non, mais…
– Alors, vous n’avez pas à vous inquiéter.
– Bon d’accord, vous avez gagné, Axel me manque, je suis une femme après tout, et ce gros bêta n’est jamais là quand c’est le temps. Dit-elle en fulminant. Dire que j’étais certaine qu’il serait là aujourd’hui. Attendez quand il va se montrer le bout du nez. Il doit encore être en train de boire une bière avec Barlock dans une auberge tandis que Panthéra admire ses dernières trouvailles tout en racontant en détail chacun des sorts qu’elle a reçus.
– L’aventure vous manque donc?
– Profeios, vous… vous… oui. Admit-elle avec désespoir. Mais pourquoi aies-je l’impression de commettre un crime toutes les fois que je pense à ça.
– C’est sûrement le fruit du mélange du sang qui vous habite. L’elfe sédentaire et l’humain nomade. Votre tâche ici vous demande beaucoup.
– Parfois je rêve que je suis capturé par un dragon rouge. Je me réveille tout en sueur. Mais savez-vous ce qui me hante le plus de ce cauchemar?
– Dites-moi?
– C’est que ce n’est qu’un rêve…
Il la regardait avec effroi.

*
* *

– Une autre bière aubergiste. Oh et pourquoi pas le tonneau quant à y être. Aubergiste?
– Tu sais Barlock, je comprends pourquoi tu as fait faillites.
Le gros nain en furie grimpa sur la table avec une agilité qu’on ne lui connaissait que durant les grandes batailles. Il regardait dans les yeux le guerrier qui lui n’avait pas bougé.
– Répète ça pour voir?
Le guerrier se leva, il dépassait de quelques centimètres le nain. Mais l’altercation fut de courte durée alors que l’aubergiste arriva avec le tonneau de table.
– Pas de bagarre dans mon auberge, compris vous deux?
Le nain éclata de rire tandis qu’Axel commença à remplir les échoppes.
– Vous avez bientôt fini vous deux? Vous avez l’air de 2 enfants.
La guerrière qui était en train de nettoyer son épée, soupirait comme une mère exaspérée. Elle était très jolie quand elle faisait un effort, ce qui était plutôt rare. Son armure lui donnait une allure assez carrée en cachant la plupart de ses traits féminins. Ce qui était à son avantage étant donné qu’elle ne cherchait pas à attirer l’attention des mâles en chaleur que l’on retrouve dans une auberge.
– Vous m’avez presque fait perdre mes idées. Où en étais-je, ha oui, c’est à ce moment que le mage à voulu te lancer une flèche de feu. Comme d’habitude, tu me cachais la vue, mais tu aurais pu m’avertir quand tu t’es enlevé. Alors, j’ai tout reçu en pleine figure. Par chance, c’est moi qui ai trouvé cette merveilleuse bague, je me demande bien combien elle peut valoir.
– Un autre choppe, mon Axel?
– Non merci, je vais me reposer.
– Tu es malade?
– Mais non gros bêta, est-ce qu’il faut absolument que ça soit une femme qui doit tout comprendre? S’indigna la guerrière. Il s’ennuie de Miranda, c’est évident.
– Bon, c’est assez vous deux. Dit Axel avec un sourire en coin. Bonne fin de soirée.
– Ne t’en fait pas Axel, plus que 2 jours et tu seras avec elle.
Axel sentit quelque chose qui le chatouillait. Ça aurait pu passer inaperçu, mais sans prendre aucun risque, il passa sa main d’un geste rapide derrière lui et la referma sur le premier obstacle qu’il rencontra. Puis, il souleva sa trouvaille et la déposa sans effort sur la table. Il s’agissait un jeune garçon d’à peine 12 ans habillé en haillons, la main encore enfermée dans une des bourses d’Axel.
– Qu’est-ce que nous avons là? Demanda Axel d’un air furieux.
– Pitié Monsieur, je vous en prie. Ma famille est très pauvre.
Le garçon pleurait à chaude larme, au même moment, un garde s’approcha du petit groupe.
– Est-ce que vous avez des problèmes ?
– Non tout va bien, répondit Panthéra avant qu’Axel n’ait le temps de réagir.
– Parfait, s’il y a quoi que ce soit, n’hésitez pas.
– Merci, nous en prenons bonne note.
Panthera donna une pièce d’or au garçon.
– Allez part et ne refait plus une chose pareille.
– Merci, vous êtes des nobles. Merci, Milles excuses…
Le garçon partit en courant, se faufilant à travers les gens puis il sortit de l’auberge.
– Mais qu’est-ce que tu fabriques? Tu es folle? Ce gamin avait besoin d’une bonne leçon.
– Tu te fais vieux Axel. Ce n’est qu’un enfant et tu as remarqué comme cette ville semblait pauvre lorsque nous sommes arrivés?
– Ce n’est pas une raison pour encourager le vol, qu’est-ce que tu en penses Barlock?
Axel et Panthéra s’indignèrent en voyant Barlock qui ronflait bruyamment sur la table, bien entendu, le tonneau complètement vide.
– Bon, je crois qu’on devrait le monter à sa chambre avant qu’il se fasse faire les poches lui aussi. S’exclama Axel en riant presque de la situation.
Quelques minutes plus tard, Axel caressait son pendentif en regardant par la fenêtre. La lune commençait à perdre ses quartiers.
– 2 jours et je serai avec toi! murmura Axel. Si tu savais comme tu me manques.
Puis, il s’endormit d’un sommeil profond.

*
* *

– og imarus telvarum rpofeitas nomenclum sycaderis locassium vera momentum nevragilim…
Le murmure des incantations s’élevait doucement vers la nuit dans le laboratoire à ciel ouvert. Puis se tordant de douleur, la masse informe obtint peu à peu des traits familiers.
– … fiolis bucamore tantalomera geodus iasmetos volare…
L’acolyte tenait le livre de sort et fermait les yeux comme si cela pouvait l’empêcher d’entendre la créature hurler de douleur. Puis enfin, le mage souffla une poudre verte sur le visage de la créature ce qui provoqua un immense éclair de lumière prismatique.
Lorsque la lumière disparut, tout était terminé. L’acolyte ouvrit les yeux. Il n’en revenait pas. S’il n’avait pas été là, il ne l’aurait jamais cru.
– Maître, elle… elle est parfaite.
– Le monde sera bientôt à nous! Susurra le mage juste avant d’éclater un rire guttural.

 

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