LE TRACÉ DU DESTIN - Plume et Conscience
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LE TRACÉ DU DESTIN

Alors que la vie semblait l’avoir abandonnée, le coeur blessé, et se laissant saigner à cause d’une vie ingrate qui l’avait laissé se noyer dans ses rêves d’amour impossible, des regrets et des remords, le désir de vivre le pris tout à coup… Comme un appel du loup, le destin, qui l’avait tant blessé, lui demande de faire un pas de plus.

– Pourquoi m’as-tu abandonné ? demanda le jeune homme pendant que ses larmes coulaient encore.

– Qui te dit que je l’ai fait ? Rien dans cette vie n’est hasard pour moi. Je fais les choses comme elles doivent se faire. Cette encre noire que tu voies n’est que le masque par lequel tes yeux sont recouverts… C’est le reflet pur et simple de la façon dont tu veux voir les choses.

– As-tu autre chose pour moi ?

– Si tu avais ouvert les yeux, tu aurais compris qu’il y a toujours quelque chose d’autre, une autre voie à suivre ou un choix à faire… Tu as fait le souhait d’être heureux.

– Mais tu as laissé partir celle que j’aimais…

– Celle que tu croyais aimer! interrompit le destin.

– Si ce n’était pas cela aimer, qu’était-ce ?

– Me fais-tu si peu confiance ? Regarde ce qui s’est passé dans ta vie et regarde ce que tu as souhaité. Je t’ai toujours donné ce que tu as demandé.

– Mais quand j’ai fait le tour de la terre et que je l’ai recommencé à nouveau. Je n’ai vu qu’une seule route. Si comme tu dis, il existe plusieurs routes et que je ne t’ai jamais croisé, par où es-tu passé ?

– Nous ne nous sommes jamais croisé en effet. C’est qu’avec ton masque, tu ne voyais rien. Je volais au-dessus de toi pour tenter de te guider car ton temps n’était pas venu.

– Alors tu m’as toujours suivi ?

– Oui, mais tu ne voyais pas les autres voies que je t’offrais. J’ai du brisé ce pont pour qu’enfin tu finisses par t’arrêter et regarder ce qui se passe, pour voir, pour entendre…

– Qu’aurais-je dû voir ? dit le jeune homme penaud.

– Toutes les fois que tu me demandais la voie je te la montrais, mais tu n’écoutais pas, ne regardais pas…

– Et si je t’entends maintenant, cela veut-il dire que c’est trop tard pour moi ?

– Sèche tes larmes, tu n’en as plus besoin. Elles t’aveuglent. Regarde au loin, regarde là-bas, j’ai construit cette voie pour toi, pour la vie, pour l’amour… Suit là… Je ne t’accompagnerai plus. Et si tu as besoin à nouveau, je reviendrai vers toi.

– Tu me laisses seul ? demanda-t-il inquiet.

– Tu dois vaincre tes craintes. Utilise ta foi, ce pourquoi ton cœur a été conçu, ta voix intérieure, ton âme, recherche l’inspiration dans les tréfonds de toi-même. Tu possèdes toutes les réponses à tes questions. C’est quand enfin ton chemin s’ouvre à tout que tu peux déchiffrer les signes. Ce chemin est TA voie. Tu es prêt à répondre à tes questions. Les réponses sont dans ton cœur et le cœur ne subit pas le temps. Il est le temps. Il va en avant, en arrière, au moment présent. Apprends à l’écouter et tu connaîtras l’avenir…

Sur ce, la lumière monta haut dans le ciel et el jour se leva.  » Avais-je rêvé ?  » se demanda-t-il. Il ôtât son masque qu’il jeta au loin… Il sentit pour la première fois un vent nouveau, frais, qui caressait ses joues. C’était bon… bon de vivre libre de soi-même. Il finit par admettre qu’il n’était pas celui qu’il voulait qu’on soit, mais bien celui qu’il était.  » Le destin avait peut-être raison après tout. Je suis content d’avoir écouté avant qu’il soit trop tard.  »

*
* *

Il prit la nouvelle route que la lumière lui avait présentée et continue son chemin. Tout était nouveau pour lui. Alors qu’il regardait tout autour, il remarqua une douce fleur qui reposait là. Elle l’interpella à son passage, il décida donc de s’arrêter. Sa tendre voix était charmante. Le jeune homme s’agenouillât pour la contempler. Elle était petite et argentée. Il n’en avait jamais vue de semblable au paravent. Il caressa ses pétales et senti en lui monter une étrange sensation, merveilleuse. Un filtre qui doucement faisait vibrer en lui son cœur, son inspiration, qui coulait dans ses veines en réchauffant son corps. Sa joie augmenta, il n’aurait su faire autre que de l’aimer… Il le su dès lors.

– Comment t’appelles-tu ? demanda le jeune homme.

– Tu es en quête de quelque chose ? demanda à son tour la fleur.

– Oui, je suis ma voie pour trouver mon inspiration. Mais dis-moi, comment t’appelles-tu ? insista-t-il.

– Tu aimes me caresser ?

– Oui, bien sûr. Tu es si douce… Puis-je savoir ton nom ?

– Oh! Tu me trouves douce ? dit-elle gênée. La fleur passa du blanc argenté au rouge. J’aime être douce pour toi. Tu veux bine me parler encore ? Je n’ai jamais entendu des mots comme les tiens. Les gens passe près de moi sans me voir, sans s’arrêter quand je les interpelle. Comme s’ils étaient embarrassés de parler à une fleur. Mais toi, toi tu es différent.

– Avec plaisir… je ne sais pas si tu vas aimer, mais ce sont des mots qu’un jour j’ai écrit alors que je pensais à une femme que j’aim… il s’interrompit. Que je croyais aimer et qui était trop loin de moi pour que je puisse l’atteindre…

– Vite, dis-les moi sans attendre s’il te plait…

– Voilà, commença-t-il en souriant, puis il ferma les yeux. Pour quoi ne suis-je pas un oiseau, pour voler jusqu’à toi ? Pourquoi ne suis-je pas le vent, pour te caresser encore une fois.

– Que c’est magnifique… redit les encore… demanda-t-elle la voix tremblante.

– Est-ce que tu me diras comment tu t’appelles ?

– Quand j’entends ta vois, mes pétales frémisses. Dis-les moi encore et caresse-moi en même temps.

Puis la fleur redevint à nouveau blanche argentée. Le jeune homme la caressa. Puis après une profonde respiration, il parla tendrement.

– À jamais je veux t’aimer. Sans savoir pourquoi, j’aimerais m’arrêter. Cette route est longue et je suis fatigué… De te caresser me fait rêver. À mes yeux, tu es une fleur que la nature a oubliée. Laisse-moi encore te dire et te redire que mon cœur t’appartient pour l’éternité…

La fleur laissa tomber quelques gouttes de rosées.

– Jamais personne ne m’a parlé comme tu le fais. Pourquoi toi tu le fais alors que les autres passent sans me voir ?

Il pensa tout à coup aux masques. Son cœur se réchauffa.

– Parce qu’ils sont encore aveugle.

– Est-ce que tu veux vraiment rester près de moi ? Comme tu l’as dit ? s’enquit-elle.

Le jeune homme sentit son cœur battre dans sa poitrine et un doux sentiment envahit chacune des sensations de son corps.

– Oui, j’admirerais ta beauté tous les jours. Et j’aime à te parler parce que tu aimes m’écouter. Dis-moi ton nom.

La fleur laissa s’échapper une autre perle.

– Tu es si gentil. Tu veux me raconter tes voyages ? Promet-moi que tu ne m’abandonneras jamais. Je m’appelle Edelweiss.

– Je te le promets, pour toujours et à jamais. Je donnerais ma vie si tu me le demandais. Je ne partirai pas, c’est notre secret. La seule chose qui me ferait te quitter, serait que tu me le demandes.

*
* *

Le jeune homme resta des jours et des nuits au près de sa douce fleur, lui racontant, en mots doux, en mots simples, en sentiments des plus divers, tous ce qu’il connaissait.

Un beau matin, alors que le soleil brillait au-dessus d’eux, réchauffant leur amour naissant, il eut une idée.

– Si tu le veux, je t’amène avec moi en voyage! déclara-t-il les yeux brillant.

La fleur ne disait plus mot.

– Pourquoi tu ne réponds pas ?

– C’est que je voudrais vraiment aller découvrir la vie!

– Mais c’est ce que je viens de t’offrir.

Pour la deuxième fois, elle ne dit mot.

– Nous serions heureux tu sais.

– Je le sais… Je t’aime, enfin, pour autant de ce que je comprends d’aimer.

– Alors n’ait pas peur… suis-moi! insista-t-il gentiment.

Pour la troisième fois, elle se tût, baissant ses pétales.

– Pourquoi tu sembles si triste ?

– Je ne t’ai pas tout dit. J’ai un secret et j’ai peur… Tu peux partir si tu en as envie…

– Mais non, rien de toi ne pourra changer ce paisible roucoulement de tendresse qui vit dans mon cœur! Je t’aime inconditionnellement, je ne partirai pas sans toi.

– Vois-tu, je ne peux pas partir. Si je quitte le sol, je vais mourir. Je suis uni à lui… Je suis désolé de briser tes rêves. Je le vois bien dans tes yeux que toi aussi tu connais la rosée. Tu dois avoir du sang de fleur qui coule dans tes veines pour m’aimer autant! Dit-elle en riant. Puis la voix tremblante elle ajouta : Mais je ne peux te retenir, je n’en ai pas le droit, car je t’aime. Ce que je souhaite, c’est l’impossible union entre toi et moi… Mais cela n’est qu’utopie… Tu m’as dit que tu partirais si je te le demandais. Alors Pars, va suivre ton chemin, tu t’es assez reposé.

Le jeune homme senti tout son corps se vider… Il aurait aimé… Il aurait voulu… Il aurait fait… Plus un seul mot ne sortait de sa bouche. Il caresse Edelweiss de ses lèvres… Puis, tendrement, tenta de redresser ses pétales, mais rien n’y faisait… Complètement défait, il prit son courage, et parti. Après quelques pas, il se retourna et regarda la fleur tendrement. Puis il partit pour de bon.

*
* *

Après que la lune vint danser sa valse nuptiale, son cœur se mit à trembler de nouveau, laissant filtrer dans tout son corps un sentiment qu’il avait déjà vécu… Mais pourquoi se rappel ? Une pensée revint à son esprit  » … Je te le promets, pour toujours et à jamais. Je donnerais ma vie si tu me le demandais. Je ne partirai pas, c’est notre secret. La seule chose qui me ferait te quitter, serait que tu me le demandes.  »

Il regarda autour de lui et ouvra ses yeux pour voir. C’est à ce moment qu’il trouva un objet qu’il n’avait jamais vu, et pourtant, lorsqu’il le pris, le toucha, il ferma les yeux et il su… son cœur avait parlé.

Il retourna à toutes jambes vers sa fleur. Lorsqu’il arriva, elle était maintenant sur le côté, complètement blanche, mais ses perles étaient rouges. De ses mains, il creusa tout autour de sa fleur, puis tendrement, il la pris dans ses mains et la déposa dans un pot… Elle semblait tellement faible qu’il pleura. Ses larmes glissèrent le long de sa joue jusqu’à son menton, puis doucement, tombèrent une à une sur la fleur… Au contact de la chaleur de l’amour, ses yeux où brillait l’étincelle sacrée, elle se remit à vivre. Elle se redressa et ses pétales reprirent leur place tranquillement. La fleur parla faiblement.

– Tu… tu es revenu…

– Oui, parce que j’en avais fais la promesse…

– Mais… tu m’avais dit que tu partirais si je te le demandais.

– Tu me l’as demandé, mais tu ne l’as pas désiré.

Il caressa les pétales de sa fleur. Edelweiss se senti reprendre des forces.

– Mais… Mais où suis-je ?

– J’ai trouvé la voie, j’ai écouté la voix… Maintenant tu es là et tu m’accompagneras… Je pourrai maintenant réaliser tes rêves… Je t’aime jusqu’à ce que la mort nous sépare et même plus…

Puis, ils partirent sur un nouveau chemin… ils partirent très loin… et ne revinrent jamais, car seul les masques reviennent toujours sur leurs pas…

« Composé en décembre 1996 et retouché le 27 mai 2009. »

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