La dépression - Plume et Conscience
401
post-template-default,single,single-post,postid-401,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,vertical_menu_enabled,qode-title-hidden,qode_grid_1300,side_area_uncovered_from_content,qode-content-sidebar-responsive,qode-theme-ver-17.0,qode-theme-bridge,disabled_footer_top,disabled_footer_bottom,qode_header_in_grid,wpb-js-composer js-comp-ver-5.5.5,vc_responsive

La dépression

Chaque bruissement de feuille est une cacophonie. La forêt, humide et froide, me rend nerveux. Je dois avancer, mais chacun des pas dans la noirceur est insécure. J’ai l’impression d’être observé. En fait, ce n’est pas une impression, c’est vrai, je suis observé. Je m’observe. Je m’observe et j’ai peur. Je suis observé aussi par des gens autour de moi. Je sais qu’ils sont là. Pas dans ma tête, mais vraiment là. Je les connais. L’un d’entre eux est venu me parler, je voyais ses lèvres bouger, j’entendais des sons, ça semblait doux et apaisant, mais je ne comprenait pas cette langue. Des amis, de la famille, des connaissances, des collègues. Ils m’observent, m’écrivent, me parlent.

Je marche dans cette forêt. Elle m’oppresse. À travers les arbres, je ne vois pas de chemin. Je me sens seul, seul et perdu. Même quand je dors je marche, épuisé, sans énergie, la tête veut m’éclater.

Parfois, le jour, ça se calme, il semble y avoir un chemin dans la forêt, je me dis enfin que je pourrai sortir d’ici, mais derrière chaque arbre, il y en a un autre et un autre, jusqu’au moment où la noirceur revienne. Je voudrais dormir, mais la forêt la nuit a des sons étranges que je ne peux identifier. Ma tête me fait mal et je finis par dormir, que d’un œil. Puis le deuxième, et la nuit passe, passe trop rapidement. Au réveil, je m’assure que tout est là. La tête veut m’éclater.

Et j’observe et j’observe et me trouve ridicule de ne pouvoir sortir de cette forêt. Alors la tristesse m’envahit. Après un bon moment, je continue de marcher. Le soleil brille à travers les branche, mais il me fait mal aux yeux. La vie reprends dans la forêt, mais moi je me sens invisible, je passe inaperçu.

J’erre jusqu’à la prochaine noirceur. Je sais qu’elle sera là. Elle m’angoisse. Elle m’angoisse et je reste sur place, tétanisé. Quand la noirceur fini par arrivé, je me rends compte que je n’ai pas avancé. Entre chien et loup, la honte s’empare de moi. Je ne veux pas de ce sentiment, alors je cri pour m’en débarrasser. Je hurle que je vaut mieux que ça. Je laisse la rivière faire une rigole sur mes joues. Avec le peu de courage qu’il me reste, j’avance dans la nuit de la forêt. Après chaque arbre, il y en a un autre. Et chaque bruissement de feuille est… une… cacophonie.

La dépression, c’est une vraie maladie. La dépression c’est un cycle. La dépression ne sera pas toujours là. Elle va et elle vient, à son gré, sans demander la permission. On ne doit pas la combattre, mais en faire une amie, une amante. Marcher à ses côtés. L’accueil, lui faire l’amour. L’amour dont elle a tant besoin. Lui raconter ses rêves, ses rêves d’avoir et ses rêves de faire. Ça ne rend rien plus facile, mais elle reste moins longtemps. Parce qu’elle ne trouve pas l’énergie négative dont elle a besoin.

Avec le temps, elle nous rend de moins en moins visite. Alors doucement, on n’oublie. On n’oublie parce que l’on se sent mieux. On se dit que ce n’était pas si grave. Que si j’ai réussis tant de fois à la vaincre, je réussirai encore. La volonté et la foi, tout y est. jusqu’au jour où elle frappe à notre porte et nous invite à aller jouer dans la forêt. On se dit oui, parce que je sais te vaincre, je l’ai fait tant de fois. Et tout recommence. Une fois dans la forêt,elle nous abandonne et recommence à jouer à son jeux qu’elle connaît si bien. Qu’elle maîtrise à la perfection.

Je suis de retour dans la forêt, mais cette fois-ci, je suis à côté de moi et je me tiens la main. Nous la traversons ensemble moi et moi. Mon moi physique et mon moi métaphysique. Je ne souhaite plus jouer au jeux et gagner. Je désire simplement avancer et sortir de la forêt.

On peut guérir de tout si c’est notre souhait. La guérison n’est pas toujours physique, pensez à la guérison de l’âme. Sur le lit de mort, il y a celui qui y est avec rage, regret, peur et désespoir, puis il y a celui qui accueil ses derniers moments avec sérénité. Ce dernier est l’âme qui est guérit.

Ça ne peut réussir qu’avec l’amour de soi, la patience, le non jugement face à nos échecs. Et si ça marche envers nous-même, imaginez. Imaginez un instant ce que ça serait si tout le monde en pouvait de même avec tous les autres. Certe, ça ne changera pas du jours au lendemain, mais si on le fait un pas à la fois, nous pouvons changer le monde.

xx <3

 

Photo by Lukas Neasi on Unsplash

No Comments

Post A Comment